Capanna Soveltra : quand la relève suisse du carrelage redonne vie à un refuge alpin
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Capanna Soveltra : quand la relève suisse du carrelage redonne vie à un refuge alpin

Perchée à 1’534 mètres d’altitude sur le sentier de la Scalada Lónga historique, dans le Val di Prato tessinois, la Capanna Soveltra a longtemps été un repère familier pour les randonneurs, les groupes et les classes d’école venus de toute la Suisse. Un incendie l’a réduite en cendres en octobre 2017, privant la vallée de la Maggia d’un lieu de rencontre auquel les habitants de la région étaient profondément attachés. Depuis, sa reconstruction avance, étape par étape, portée par l’ambition de lui redonner tout son éclat : le refuge doit rouvrir ses portes au public à l’été 2027, sous un nouveau nom, l’Alloggio alpino Soveltra.

Une SwissTeam de jeunes talents mobilisée sur le chantier

Parmi les corps de métier engagés dans cette renaissance, Ceruniq, l’association des principales entreprises de pose et du commerce spécialisé en Suisse alémanique et au Tessin, d’entente avec la Fédération Romande du Carrelage, s’est chargée des travaux de dallage. Sous la devise « Les poseurs de dalles créent des valeurs durables avec précision, responsabilité et fierté professionnelle », les deux associations faîtières ont mobilisé une SwissTeam de cinq jeunes carreleuses et carreleurs, qui se sont relayés sur le chantier du 3 au 14 août : les Romands Amarin Prediger et Johan Rosat, ainsi que Stefan Stark, Jana Goldener et Tobias Liechti côté alémanique. Tous comptent parmi l’élite de la relève suisse du métier, entre titres de champions suisses, podiums aux SwissSkills et participation aux WorldSkills. Un choix loin d’être anodin pour Ceruniq : au-delà du chantier lui-même, le projet est aussi une vitrine pour la promotion de la relève et l’attractivité du métier de carreleur auprès des jeunes générations.

Le choix des matériaux ancre également le projet dans son territoire : la pierre naturelle posée dans le refuge provient de la carrière voisine de Sud Nord Graniti, à Giumaglio, dans la même vallée que la cabane. Une manière, pour les organisateurs, de boucler la boucle entre le paysage et l’ouvrage qui vient l’habiter. Reste que la situation alpine du chantier a posé de réels défis logistiques : la Capanna Soveltra n’étant accessible qu’à pied, l’ensemble du matériel : sacs de colle, carreaux, outillage ainsi que les artisanes et artisans eux-mêmes ont dû être héliportés jusqu’au refuge.

Un chantier achevé avec fierté

Au terme de ces deux semaines de travail, une étape clé de la reconstruction est désormais derrière eux : couloirs, chambres et salles de bains ont été entièrement dallés par les jeunes carreleuses et carreleurs de la SwissTeam. « Ce projet démontre à quel point le métier de carreleur est important pour la culture du bâti suisse. Avec notre engagement, nous soutenons non seulement la région du Tessin, mais aussi la promotion de la relève dans notre branche », se félicite Andreas Furgler, directeur de Ceruniq. Un avis que partage pleinement Sarah Hofer, responsable de la formation chez Ceruniq : « Nous sommes fiers d’avoir pu soutenir la reconstruction et contribuer à redonner vie à la cabane. Toute l’équipe s’est engagée, et s’engage encore, avec beaucoup de cœur. » Artisanat, ancrage régional, promotion de la relève et fierté professionnelle : la Capanna Soveltra illustre à merveille les valeurs que la profession aime mettre en avant et le résultat, sur place, parle de lui-même !

Rencontre avec Johan Rosat, carreleur romand engagé sur le chantier

Pour prendre le pouls de cette aventure du côté de ceux qui l’ont vécue, nous avons recueilli le témoignage de Johan Rosat, jeune carreleur romand et membre de la SwissTeam, présent sur le chantier durant la première semaine du mois d’août.

Qu’est-ce qui vous a donné envie de faire partie de l’aventure ?

« On m’a d’abord demandé si je voulais rejoindre la SwissTeam, et j’ai dit oui tout de suite. Un projet comme ça, c’est toujours sympa : on découvre comment ça se passe, on peut échanger avec les autres. Dans ce cas précis, c’était un peu plus compliqué parce que je ne parlais pas trop la langue de mes coéquipiers alémaniques, mais on a quand même réussi à se comprendre et à bien s’entendre. »

En arrivant sur place, quelle a été votre première impression du chantier et du lieu ?

« Je trouvais ça magnifique. J’adore la montagne, j’y monte très souvent, je passe quasiment tout l’hiver là-haut. Alors pouvoir contribuer à faire revivre une cabane comme ça, en altitude, c’était vraiment cool. Le concept du projet dans son ensemble m’a beaucoup plu, j’étais plus que content d’en faire partie. »

Et une fois sur le chantier, quelle a été votre tâche concrètement ?

« On travaillait toujours à deux, pour ne pas être seuls de notre côté. Avec mon binôme, on nous a d’abord confié le couloir de l’étage où se trouvent les chambres : préparation, puis pose. Une fois cette tâche terminée, on a enchaîné avec une salle de bains, en posant d’abord le sol, puis les murs le lendemain. Le dernier jour, on a fait les joints de tout ce qu’on avait posé durant la semaine. Il ne restait plus que le silicone à appliquer. »

C’était la première fois que vous travailliez la pierre naturelle. Comment cela s’est-il passé ?

« Ce n’était pas plus difficile que le carrelage classique, mais toutes les coupes devaient se faire à la scie à eau plutôt qu’à la carrelette, parce que la pierre est assez épaisse. C’est une scie montée sur un rail : on place le carreau comme on veut le couper, on trace, et de l’eau gicle en continu pour éviter la poussière. Un bel outil, et une belle découverte. »

Y a-t-il eu des défis techniques particuliers sur ce chantier ?

« Rien d’extrêmement compliqué, mais la charpente du toit était apparente, avec des poutres qui dépassaient par endroits. Il fallait poser des carreaux plus délicats à découper derrière ces poutres. À part ça, le travail restait accessible, à la portée de tout apprenti ayant terminé sa formation. »

Une anecdote qui vous a particulièrement marqué durant cette semaine ?

« J’ai adoré aller se baigner dans la rivière juste à côté du chantier, l’eau était glacée, à cinq degrés et c’était toujours drôle de voir les grimaces de tout le monde en y entrant ! Il y a aussi eu un moment que j’ai vraiment apprécié : un jour, on est tous partis à pied chercher du fromage de chèvre dans un alpage voisin. Une belle sortie d’équipe. »

Qu’est-ce que cette expérience vous a apporté, sur le plan personnel et professionnel ?

« Personnellement, c’était une jolie expérience : rénover un chalet d’alpage, ce n’est pas quelque chose que j’avais fait auparavant. Travailler la pierre naturelle, monter en hélicoptère, dormir sur place toute la semaine, tout le déroulé était vraiment cool. Professionnellement, je retiens surtout que la langue reste une vraie barrière : comprendre des explications techniques en suisse allemand rien qu’à travers les gestes, ce n’est pas toujours évident. Mais ça montre aussi qu’on peut très bien travailler ensemble, malgré tout. »

Envisagez-vous de participer à d’autres projets avec la SwissTeam à l’avenir ?

« Probablement, oui. Maintenant que je fais partie de la SwissTeam, j’imagine qu’il y aura d’autres projets, même si on n’a pas encore eu de retour à ce sujet. On verra ce qu’on nous proposera. »

Ci-dessous quelques photos partagées par Johan Rosat de ces travaux effectués à la Capanna Soveltra.

Une chose est sûre : entre la fierté du travail accompli, les liens tissés malgré la barrière de la langue et les souvenirs d’une semaine hors du commun, l’expérience de la Capanna Soveltra restera pour Johan Rosat, comme pour toute la SwissTeam, un chapitre marquant de leurs jeunes carrières de carreleurs.


La Fédération Romande du Carrelage

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