Cersaie 2026 : Johan Rosat et Amarin Prediger font rayonner le savoir-faire suisse à Bologne
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Cersaie 2026 : Johan Rosat et Amarin Prediger font rayonner le savoir-faire suisse à Bologne

À Cersaie 2026, l’un des grands rendez-vous internationaux de la céramique et de l’aménagement de la salle de bains, la relève suisse du carrelage était elle aussi au travail. Au cœur du World Tiling Lab, Johan Rosat et Amarin Prediger ont réalisé une démonstration devant un public de professionnels venus du monde entier.

Une expérience technique et humaine qui a permis aux deux jeunes carreleurs de se confronter aux grands formats, d’échanger avec d’autres cultures du métier et de mettre en valeur le savoir-faire suisse.

Le carrelage en démonstration au cœur de Cersaie

Du 21 au 25 septembre 2026, Cersaie a réuni à Bologne les professionnels de la céramique, de l’architecture et de l’aménagement.

Dans la Tiling Town, le Cersaie World Tiling Lab proposait un espace consacré au geste professionnel et aux techniques de pose. Des jeunes carreleurs issus de plusieurs pays, dont la Suisse, l’Italie, le Danemark, le Brésil, les États-Unis et le Maroc, y ont montré leur savoir-faire en réalisant des surfaces céramiques devant le public.

Pour la Suisse, Johan Rosat et Amarin Prediger ont pris part à cette aventure. Les deux jeunes professionnels avaient déjà été associés, à quelques semaines d’intervalle, à la SwissTeam mobilisée autour de la Capanna Soveltra au Tessin.

À Bologne, le contexte était différent : pas de chantier alpin, mais une démonstration internationale, des visiteurs qui observent le travail en direct et la possibilité de découvrir d’autres approches du métier.

Des carreaux de 120 × 280 cm : une nouvelle échelle de travail

L’un des principaux apprentissages de Johan à Cersaie a été le travail avec de très grands formats.

Jusqu’alors, le plus grand format qu’il avait posé était du 120 × 120 cm. Avec Amarin, il a cette fois travaillé avec des carreaux d’environ 120 × 280 cm, nécessitant d’autres gestes et d’autres outils, notamment une grande règle et une pointe diamantée pour les découpes.

William Tan (FeRC) : Est-ce que cette expérience te donne envie de travailler davantage avec les grands formats en Suisse ?

Johan Rosat :
« Oui, exactement. Quand on n’en a jamais fait, c’est plus difficile de se lancer. Maintenant que je l’ai fait une fois, je sais que ce n’est finalement pas si compliqué. Ça me donne davantage confiance pour travailler avec ce type de formats à l’avenir. »

Un projet personnalisé par Johan et Amarin

La démonstration ne consistait pas seulement à poser de grandes plaques. Le projet prévoyait notamment la réalisation d’un évier avec des biseaux.

Johan et Amarin ont choisi d’aller plus loin en modifiant certains éléments pour apporter leur propre touche au projet.

William Tan (FeRC) : Avec Amarin Prediger, qu’avez-vous réalisé concrètement pendant la démonstration ?

Johan Rosat :
« Nous avons réalisé une sorte de vague dans le carreau. C’était quelque chose d’un peu plus technique et que je n’avais jamais fait auparavant. Il fallait surtout être très précis pour que le résultat soit propre. »

Les deux carreleurs ont également réalisé un banc intégrant la croix suisse. Une manière très concrète d’afficher leurs couleurs tout en démontrant leur maîtrise technique.

Pour Johan, ce type de réalisation est précisément ce qui rend le métier stimulant : sortir des poses les plus classiques, chercher la précision et prendre plaisir à relever un défi technique.

Travailler sous le regard des professionnels

À la différence d’un concours, la présence à Cersaie relevait avant tout de la démonstration. La pression était donc différente, mais le travail s’effectuait sous les yeux d’un public averti.

Des visiteurs s’arrêtaient pour observer, questionner les deux jeunes carreleurs et comprendre leur manière de travailler.

William Tan (FeRC) : Comment ça se passe de travailler devant le public dans un salon professionnel international comme Cersaie ?

Johan Rosat :
« Il y avait des gens qui venaient nous poser des questions, notamment pour comprendre pourquoi nous réalisions ce projet et comment nous travaillions. Il y avait aussi des représentants suisses qui sont passés nous voir. Ce sont parfois des personnes avec lesquelles nous travaillons indirectement, mais que nous n’avons pas forcément l’occasion de rencontrer. »

Ces échanges ont aussi permis à Johan de mieux comprendre ce qui se passe en amont du chantier : conception, fabrication, distribution et travail des différents acteurs avant que le matériau n’arrive entre les mains du carreleur.

Johan Rosat :
« Habituellement, en tant que carreleur, on voit surtout le carrelage lorsqu’on l’achète chez le fournisseur ou lorsqu’il arrive sur le chantier. Là, on pouvait découvrir ce qui se passe en amont. »

Une expérience qui lui a également permis de faire de nouvelles connaissances.

Observer comment travaillent les autres pays

L’intérêt d’un rendez-vous international tient aussi à la confrontation des pratiques et à la découverte d’autres manières de travailler.

Parmi les démonstrations observées, une technique utilisée par l’équipe marocaine a particulièrement retenu l’attention de Johan : la réalisation directe de motifs dans le carreau à l’aide d’une petite meule.

Johan Rosat :
« C’est une technique que je n’avais encore jamais vraiment vue. Ils dessinaient d’abord les formes sur le carreau, puis réalisaient le motif directement avec la meule. Le résultat était assez propre et c’était intéressant de voir leur manière de faire. »

Un exemple parmi d’autres de ce que permet un événement comme Cersaie : observer les pratiques venues d’ailleurs, échanger et éventuellement repartir avec de nouvelles idées.

Cersaie, aussi laboratoire d’idées

En parcourant le salon, Johan a également découvert des solutions qui dépassent la pose elle-même.

Il cite notamment des équipements entièrement intégrés dans le carrelage ou la paroi : commandes de chasse d’eau, ventilation, brosse ou rangement pour le papier toilette.

Des détails de conception qui l’ont intéressé autant pour leur esthétique que pour les possibilités qu’ils ouvrent dans les futurs aménagements.

Johan Rosat :
« Ce qui m’a notamment marqué, ce sont certains systèmes intégrés directement dans le carrelage. Tout est encastré dans le mur. C’est très design et j’ai trouvé ça vraiment intéressant. »

« Si c’était à refaire, je le referais »

Entre découverte de nouvelles techniques, grands formats, échanges avec les professionnels et rencontres internationales, Johan revient de Bologne avec une expérience supplémentaire dans un parcours déjà marqué par plusieurs projets consacrés au métier et à la relève.

Lorsqu’on lui demande ce qu’il retiendra finalement de Cersaie, sa réponse est sans hésitation :

Johan Rosat :
« Je dirais vraiment que c’était une expérience très enrichissante. C’était intéressant de découvrir tout cela et, si c’était à refaire, je le referais. »

Et contrairement aux compétitions auxquelles ces jeunes professionnels peuvent également participer, l’objectif était cette fois avant tout de partager.

Johan Rosat :
« Comme il s’agissait d’une démonstration et non d’un concours, il n’y avait pas vraiment de stress. C’est aussi ce qui était agréable. On a formé une bonne équipe, on a réussi à communiquer malgré les différences de langue et on a passé de très bons moments. »

Une belle expérience qui illustre aussi tout ce que le métier de carreleur peut offrir : des défis techniques, des rencontres, des voyages, de nouvelles compétences et des occasions de représenter le savoir-faire suisse au-delà de nos frontières.

Et l’aventure se poursuit déjà pour Johan et Amarin : les deux jeunes carreleurs doivent se retrouver prochainement au Championnat romand du carrelage.

Une nouvelle occasion de mettre en lumière une génération de professionnels qui, de la Capanna Soveltra à Bologne, contribue à faire vivre et évoluer le savoir-faire du carrelage suisse.


La Fédération Romande du Carrelage

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